24 Novembre 2016, assemblée générale pour la création de Rethinking Economics Belgium, St-Louis

Compte rendu de l’AG:

L’économie mondiale n’est pas seule à être en crise. L’enseignement de l’économie l’est aussi, et les conséquences de cette crise vont au-delà de l’université. A Harvard, les étudiants ont décidé de boycotter un cours du professeur Gregory Mankiw, pour s’opposer au biais conservateur de que celui-ci véhiculait. Le mouvement s’est propagé à Oxford, Manchester, Cambridge… Depuis, c’est dans plus de 100 universités que des économistes créent des associations pour repenser l’économie.

En Belgique, c’est ce jeudi 24 novembre qu’a eu lieu la première assemblée générale du mouvement Rethinking Economics Belgium, à l’Université Saint-Louis. La salle était comble pour le lancement de ce réseau d’économistes qui veulent changer l’enseignement et la pensée économique en Belgique. Beaucoup d’étudiants, mais aussi des chercheurs et des économistes professionnels. Ont pris la parole des académiques tels que Jacques Defourny (ULg), Géraldine Thiry (Ichec et UCL) ou Tom Bauler (ULB), le secrétaire général de la FEF William Guillet, la secrétaire générale de SAW-B Marie-Caroline Collard, le directeur de Financité Bernard Bayot, Gabriel Maissin (Éconosphères) et bien d’autres, dont le public.

Notre nouvelle association veut dénoncer le manque de diversité théorique et méthodologique dans les cursus et la recherche en économie. Charlotte Rigolet, assistante à l’Unamur et membre de Rethinking Economics Belgium, commente : « La théorie néoclassique est devenue omniprésente dans les universités. Or, nombre de jeunes économistes constatent que les schémas économiques actuels ne sont plus adaptés. Ils n’arrivent pas, seuls, à expliquer l’économie actuelle ou à faire face aux enjeux contemporains ». Qu’enseigner alors ? Pour la nouvelle association, il faudrait faire de la place à une série d’autres courants : économie post-keynésienne, ecological economics, marxisme, école autrichienne, économie des conventions,… Or, ces écoles se font actuellement de plus en plus rares dans les universités.

Pour Martin Dupont, étudiant en économie à l’UCL, ce n’est pas qu’un enjeu académique, mais sociétal : « Ce qui est enseigné aujourd’hui façonne la pensée des décideurs de demain et influence ainsi les sociétés dans lesquelles nous vivons. Il y a d’énormes défis économiques, sociaux et environnementaux, nous avons besoin de nouvelles analyses et de nouvelles solutions ». Bref, il y a du boulot, et l’énergie était présente jeudi passé pour l’accomplir.

Rethinking Economics Belgium tiendra sa deuxième assemblée générale le 21 février à Bruxelles et des sections locales se lancent à Bruxelles, Namur et Louvain-la-Neuve, tandis que des groupes transversaux se lancent au niveau national, et qu’un mouvement d’expansion vers la Flandre est programmé.

Programme :

  • 18h30 : Accueil
  • 18h50 : Présentation de Rethinking Economics Belgium (Olivier Malay – UCL, Charlotte Rigolet – UNamur)
  • 19h10 : Interventions successives :

Maxime Mori, président de la Fédération des Étudiants Francophones (FEF)
Jacques Defourny, professeur ordinaire à HEC (ULg) et directeur du Centre d’Économie Sociale
Geraldine Thiry, professeure à l’ICHEC et chargée de cours à l’UCL
Tom Bauler, professeur à l’ULB et détenteur de la Chaire “Environnement & Economie”
Marie-Caroline Collard, directrice de SAW-B, la fédération d’économie sociale
Bernard Bayot, directeur du centre Financité
Bastien Castiaux, économiste au Conseil central de l’économie (CCE)
Gabriel Maissin, économiste et chercheur associé au réseau Éconosphères
Deux étudiants, auteurs d’une enquête sur l’état des cursus en Fédération Wallonie-Bruxelles

  • 20h10 : Discussion générale : comment déployer un mouvement pour repenser l’économie en Belgique ?
  • 21h00 : Fin

Lieu: Université Saint-Louis, local 3