Ne manquez pas le discours d’Anaïs de Munck, la présidente de l’AGL (l’organisation qui représente les 30 000 étudiant·e·s de l’UCLouvain), lors de la cérémonie des Doctorats Honoris causa de l’UCLouvain le 4 février 2019. Elle se lève contre la pensée unique en économie.

“Pour lutter contre le réchauffement climatique, l’attitude de nos universités doit être triple : montrer l’exemple aux citoyen·ne·s de demain, mettre sa Science au service des défis qui nous attendent et, surtout, avant tout : enseigner la durabilité dans les cursus, en particulier ceux d’économie.

En effet, nos cours d’économie, tels qu’actuellement enseignés, considèrent que les marchés ou les mécanismes monétaires peuvent résoudre la plupart des problèmes de l’humanité, en ce compris la question climatique. Ce qui a pour conséquence de voir notre planète comme une ressource exploitable à l’infini plutôt que comme un écosystème à préserver.
Amartya Sen, Docteur Honoris Causa de notre université, nous disait que « l’économie est une science morale ». En effet, les économistes analysent des faits mais les interprétations qu’ils posent sur ceux-ci sont influencées par leurs valeurs morales. Aujourd’hui l’utilitarisme s’est imposé au point de nous laisser croire qu’une alternative n’était qu’utopie. En confondant égoïsme et rationalité, en supposant que la rareté n’est traitable que par le marché, il nous fait exister dans un monde inhabitable. La croissance infinie ne peut se poursuivre dans un monde aux ressources finies.

Il nous faut sortir de cette morale, et repenser une économie nouvelle, rationnelle, basée sur les logiques long terme, la lutte contre l’individualisme roi, la réintroduction de mécanismes de contrôles collectifs et d’une démocratie forte. ”